jeudi 28 novembre 2013

Holybelly : c'est de la great food ! description

Je ne suis pas très repaire de hipster. Ou toutes les nouveautés parisiennes qui finissent par toutes se ressembler. Mais là, alors que tout semblait concourir à ce genre d'endroits, Holybelly m'a néanmoins charmée. Rue Lucien Sampaix, à deux pas du Canal Saint Martin, dans un quartier qui désormais contient plus de restos et de boutiques branchés à la ronde que le marais. Un dimanche vers 13h30. Ma copine a donné son prénom au gentil serveur. On patiente dehors en sirotant son latte "il est fort" me prévient-elle. Tant mieux. Et il est vraiment bon, c'est du vrai café, ça change des latte Starbucks dégueu complètement délayés. A Paris c'est un peu compliqué d'avoir un vrai latte : soit on se retrouve avec un lait au café, soit avec un café crème, soit avec un latte Starbucks. En même temps, cela ne me choque pas tant que ça. Ce n'est pas un truc français. C'est vraiment chez nos amis anglo-saxons. Et là, apparemment, nos holybelly guys seraient français mais fraîchement revenus de Melbourne.

"Anna ? Sophie ?" s'époumone le serveur. On crie notre nom pour tenter notre chance. Il fait OK. On rentre, on a l'impression d'être dans le Saint Graal. Une première pièce tout en longueur, avec un comptoir et en face collés au mur des ensembles tables chaises comme dans un dinner mais en bois scandinave. Sur le côté, une table à partager (où nous avons été placées). Une deuxième pièce avec canapé et encore une grande table, la cuisine au fond. C'est plutôt convivial, les serveuses très sympas. Le seul bémol à mentionner : le niveau des décibels. La serveuse nous a même dit d'elle-même "c'est plus calme en semaine". On reviendra... Pas de brunch ici (un écriteau plutôt drôle à l'entrée : "if you call it brunch, then we can't be friends"). Du breakfast à donf, des assiettes en veux-tu en voilà. Deux specials avec oeufs brouillés, hash brown potatoes et trompettes de la mort (de la mort vraiment) ou saucisse de morteau (qui avait l'air marteau - suis en forme). Moi j'ai craqué pour les pancakes, amades, crème chantilly maison, caramel.... On se dit comme ça, c'est con un pancake, bah en fait non. Si c'est bien fait, c'est tout simplement dément. Le grilled cheese sandwich avec jambon blanc et tomme de savoie me tendait les bras, mais ce sera pour la prochaine fois. L'assiette est dans les 10€, les boissons 4-5€. Donc en plus, on ne vous arrache pas votre portefeuille avec tous vos billets dedans. On a pris le brownie qu'on avait vu passer sous notre nez, dans notre emballement on n'avait pas compris qu'il y avait des noix de pécan et du bacon dedans. Oui du bacon. Ça c'était chelou je ne vous le cache pas, mais c'est une question de goût. 

Sinon moi je me vois bien y revenir pour un déjeuner à l'australienne sous peu, j'aurais au moins l'impression de changer d'hémisphère le temps d'une assiette. En solo en mode geek, en love breakfast ou en grande tablée de potes, le choix est large...

Holybelly
19 rue Lucien Sampaix
75010 Paris
Ouvert du mercredi au lundi (fermé le mardi), de 10h à 18h.
hello@holybel.ly

lundi 25 novembre 2013

Bistrot Bellet, so NICE !! description

Vous vous souvenez de Réparate, mon coup de coeur de la salade niçoise rue Saint Sabin ? Si oui, ce post va faire votre bonheur. Sinon, vous avez enfin une chance de vous rattraper. Donc tout le monde était par terre depuis la fermeture. Mais voici le niçois revenu en pleine forme rue du Faubourg Saint Denis avec un bistrot, le Bistrot Bellet (le vignoble de Bellet, arrière pays niçois, la Provence en gros). C'est beau, c'est grand, les murs d'un beau turquoise, les tables d'un bois bien foncé, avec chaises assorties. C'est beau à la danoise, sans chichis, comme si l'utile s'alliait forcément au design. Grands luminaires également. Et bien sûr, la cuisine au fond ouverte sur la salle. Même un beau comptoir avec des elixirs qui avaient l'air bien charmants, où l'on peut également grignoter. 

J'ai fait fort, j'y suis allée deux fois en une semaine. La première, parce que trop pressée de découvrir : donc je suis allée au bar justement, goûter les petites "mignardises" - mais suffisamment copieuses - d'une sorte d'apéritif dinatoire. Pissaladière dingue. Celui qui n'a jamais mangé une pissaladière de sa vie ne peut pas comprendre le plaisir que c'est. J'étais avec une niçoise, qui était en pleine extase et criait à tout va "c'est la seule pissaladière de ce nom de tout Paris". Ensuite une ratatouille de légumes avec fromage blanc de campagne (la mention "de campagne" a son intérêt), petits croûtons. Trop trop bon, très simple, mais très bon. Et un jambon de bigorre tellement goûteux qu'il fondait sous la dent, ça c'est du jamon. Ces assiettes sont dans les 5€, le jambon 11€. 

La deuxième fois, dîner classique, posé. Alors, moi je trouve l'idée plutôt intelligente : soit un menu soit un plat du jour. Le menu se décompose en deux formules : la totale à 36€ pour les gros mangeurs ; entrée plat dessert à partager ou la même chose avec l'entrée à partager, 32€. Et c'est pas mal en fait. Parce que c'est copieux : moi j'ai fait entrée, plat et dessert à partager (vu le dessert qu'on a pris - dose de chocolat mortelle dans le sang -, le partage était de bon aloi). Mon comparse avait pris un verre de nouveau Beaujolais et il avait l'air tout souriant (alors que d'habitude ce n'est pas ça le B... quand même - 4,80€). En entrée, un velouté de cresson avec crème fraîche, croûtons délicieux pour moi. Une part généreuse de rillettes (si vous demandez "fait maison", vous vous prenez un aller retour) qui a eu l'air de contenter amplement mon comparse qui a bien tout fini sans m'en filer (je balance). Ensuite, une échine de cochon de Bigorre qui ruisselait de beauté, avec pommes de terre et mâche. Cuisson parfaite, on retrouve la viande brute de décoffrage et en même temps avec la patte du chef... Il l'avait accompagnée de verres de Saint Chinian (6€). Je me suis régalée du paleron du boeuf... le couteau ne servait plus à rien, la viande était dingo, gros lardons, petits champignons au goût exquis, carottes, purée maison... la sauce a disparu en moins de deux... On aurait pu clairement s'arrêter là. Mais on n'est pas comme ça.

Donc on a partagé ce fameux dessert, la ganache au chocolat avec sauce au caramel. C'est le genre de dessert qu'on pourrait ingurgiter à la petite cuillère pendant toute une après midi, le chauffage à fond, bien calé dans des coussins, et dire tout haut "c'est très léger" (ce qui était le cas, donc une réussite totale !!)... 

Pour finir sur la deuxième possibilité de la soirée, le plat du jour. Hé bien, moi je trouve ça sensass. Là, évidemment, dans l'excitation de l'ouverture, de la variété de la carte, on se jette sur le menu. Mais sûrement, la prochaine fois, je reviendrai le vendredi pour... la bouillabaisse !! Ils ont intérêt à cartonner pour être au niveau des calanques, mais je leur fais confiance. Jeudi blanquette, dimanche rôti de veau et mardi poulet fermier par exemple. Cela peut changer, il ne faut pas être rigide les amis. 

C'est simple, cet endroit m'a réconciliée avec Paris et les restaurants, qui sont souvent - ces derniers temps - dans une course effrénée au sophistiqué branché. Là, on est dans le bon, dans de la tradition intelligente, un service impeccable, chaleureux, j'adore. Vous pouvez essayer encore de venir sans réserver (j'ai vu que certains l'ont fait), mais je ne saurais que trop vous conseiller de réserver une petite table au chaud pour les soirées d'hiver à venir. Scoop : la salade niçoise reviendrait au printemps..........................

Bistrot Bellet
75010 Paris
01 45 23 42 06
Ouvert du mardi au dimanche, de 18h à minuit (pour la cuisine), jusqu'à 2h pour boire un verre.

Vous pouvez toujours aller chez Réparate, au 128 rue de Charenton pour la salade niçoise et autres soccasseries...

jeudi 14 novembre 2013

Des tableaux et... des tables au musée !

Un week-end à Lille pour écumer les musées du coin : Tri Postal (Lille), Piscine (Roubaix) et LAM (Villeneuve d'Ascq). Qui dit Roubaix ou Villeneuve d'Ascq, dit "un peu loin", dit à un certain moment, on a faim. Mais c'est toujours dingue de voir la pauvreté de la cafèt' ou du restaurant de musée (parce que vous n'allez pas trouver 245 cafés ou restaurants pour vous accueillir - un Campanile avec buffet à côté du LAM et de l'autoroute par exemple). Apparemment, les Français sont plus longs à la détente sur cet alliage musée/bouffe que nos potes à l'étranger, même si cela commence à faire son chemin (le BAL et son super resto, et pas encore goûté, Gérald Passédat au Mucem et Marc Meurin au Louvre Lens). Je me souviens encore avec émotion de mon sandwich au saumon fumé au Musée Louisiana de Copenhague (certes à 15€ mais c'est la ville qui veut ça), délicieux, dans un endroit  cosy, avec cheminée, entre le chalet en bois et l'ultra design, face à la mer...

Donc à la Piscine de Roubaix (qui vaut par le lieu en lui-même plus que pour les expositions...), Meert, le fameux Meert de la gaufre démente, s'occupe de la restauration. Au départ, on se dit chouette. En fait, on aurait dû juste prendre la gaufre ou une pâtisserie. Mais la faim a altéré notre jugement et on a commandé à déjeuner. Je suis allée directement dans le truc marrant que tous les enfants doivent prendre... le Pitty y panna... (plat du jour à 13€) donc des dés de boeuf, de pommes de terre, de betterave et de carottes avec un oeuf au plat. Oui c'est bien ça. Bon ça se mangeait hein, mais ça ne donnait pas l'impression d'avoir été finement haché dans les cuisines... Le hachis parmentier de boeuf bourguignon présentait les mêmes avantages / inconvénients... Une carte plutôt onéreuse, dans les 15-20€ pour chaque plat (des salades également au saumon, harengs, etc.). Après, les serveurs étaient très sympas, le lieu dans cette veine art déco revisitée de la piscine. Donc c'est toujours ça !

Quant au LAM, si le rose du site web était très moderne et beau, il n'est pourtant pas le plus adéquat pour l'habillage du resto. Expérience plutôt marrante (je préfère toujours voir le verre à moitié plein que vide n'est-ce pas...). A l'entrée, une feuille de papier A4 avec au stabilo (rose bien sûr) : "merci d'attendre, un serveur va venir vous chercher". Un curieux mélange d'obséquiosité et de Jim l'embrouille. C'est une cafèt de musée hein, pas le Alain Passard du LAM. On est poli, on attend. Une carte un peu bizarre, des "gros" plats (même si on est dans le Nord me direz-vous), des plats du jour. Je finis par prendre la suprême de pintade et le gratin dauphinois. L'assiette brûlante, la pintade tiède, impression évidente d'un petit micro ondes gentiment passé par-là. Ce qui en soi ne me choque pas plus que ça au vu de la situation du musée, bien éloigné de tout... Encore une fois des prix pas forcément super abordables (les plats entre 14 et 17€, des entrées et des desserts à 6€). Tout augmente, ma bonne dame. Je ne pense pas que la pintade avait déjà vu le soleil une fois dans sa vie, mais bon c'était correct. Et surtout le musée pour le coup est vraiment top : pour l'architecture, avec son parc, ses sculptures extérieures, et pour l'exposition (sur le marchand d'art Daniel-Henri Kahnweiler, galeriste de Picasso, Gris, Masson, etc. jusqu'au 12 janvier 2014). Donc on prend son métro, son bus et on y va !!

Et au Tri Postal,  toujours un lieu formidable, pour les 25 ans de la galerie Perrotin (expo intéressante pour la mise en perspective de tous les artistes qu'il a découverts...), on a juste pris un soda, car la grêle s'est mise à se déchaîner au moment où on allait sortir... Mais la musique entre la techno et le hard metal ne vous motive pas forcément pour rester déjeuner... sachant le nombre d'estaminets sympathiques où vous pouvez aller dans la ville !

mardi 12 novembre 2013

An Com, oui ça veut dire manger en vietnamien description

Un déjeuner comme ça un lundi, le premier lundi de novembre, on a envie de faire "brr" pour signifier qu'il fait froid alors même qu'il y a un grand soleil (mais il a grêlé avant). Une sorte de sentiment bizarre donc, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ? C'est dans ces cas-là où je ne remercierai jamais les hasards de la vie. "On a piqué un menu la dernière fois qu'on est allé dans ce restaurant vietnamien, et ce serait sympa de leur rapporter... ça te dit de manger vietnamien ?". Allez c'est parti ! ça fait très début de thriller, où en fait le tueur est caché dans les toilettes, et la réponse de l'intrigue dans le pho 17 aux crevettes. On est rue Blondel, dans une petite rue qui coupe le boulevard Sébastopol, à deux pas de Strasbourg Saint Denis et de Réaumur Sébastopol. Et le restaurant en question s'appelle AN COM. Moi ça me fait penser à une boîte de logiciels, de communication web. En fait j'ai cherché (parce que je suis sérieuse dans mes investigations) sur google translate et c'est le verbe qui signifie donc MANGER. Bien joué Jimmy !

A l'intérieur, c'est basique, mais c'est grand. On peut même s'asseoir loin de la porte et du courant d'air. Une grande carte que je ne lis pas. Je crois que j'ai un problème quand il y a trop de choses, je ne lis pas. Je me dis qu'on essaie de me noyer. Je préfère directement regarder les formules midi : normalement s'ils sont malins, ils ont mis les plats basiques que tout le monde commande. J'ai foi en l'humanité je sais. Et là, c'est vrai. Je tortille trois secondes entre le menu à 9€ avec le bobun ou le menu à 13,60€ avec du pho. Bon deuxième option choisie : des aumônières de crevettes (c'est joliment dit non ?) et une soupe de boeuf (mais en fait c'est un pho avec un nom à rallonge, mea culpa, je ne m'en souviens plus) avec "carottes mijotées au curcuma" (ça, je m'en souviens, tellement c'était improbable) et pâtes. Les aumônières sont super bonnes, frites sans êtres grasses, la crevette ça a l'air d'être de la vraie crevette, avec un vrai goût, à tremper dans une sauce pimentée. Je pique un nem de crevettes à mon voisin : ils sont super jolis, comme recouverts d'une dentelle ouvragée, et ils sont bons. Les soupes arrivent : c'est vraiment simple mais très bon, boeuf tendre, grosses carottes moelleuses, pâtes cuites impec, un peu comme si vous faisiez un boeuf bourguignon à la vietnamienne. Moi j'étais repue. En plus d'avoir chourré un menu, mes compères avaient paumé un manteau la fois d'avant, qui leur a été dûment rendu. Je trouve ça sympa. 

Le genre de restaurant parfait pour une soupe, un bobun, une envie pressante de cuisine vietnamienne familiale.

PS : désolée, pas de photos, le flying muffin n'a pas pu...

An Com
75002 Paris
Ouvert du lundi au samedi

mercredi 6 novembre 2013

Toritcho, un japonais pratique près de Montparnasse

Si vous n'êtes pas rue Sainte Anne et qu'une envie démente de donburi vous prend, vous pouvez aller rue du Montparnasse chez Toritcho (et éviter par la même occasion de vous faire hara-kiri dans une des crêperies faussement bretonnes de ladite rue). Une sorte de petite cantine japonaise, avec un sushi bar à l'entrée et des donburi à la carte. De manière peut-être trop automatique, quand il y a les deux, je prends toujours le donburi, car je me dis que le sushi/sashimi n'est pas leur spécialité... et je me demande toujours si le poisson est vraiment bon ou pas. C'est peut-être bête...

En tous cas, à midi, une carte peu onéreuse, dans les 10€ avec un mélange de cuisine japonaise simple comme j'aime. Le tonkatsu (porc pané) à 9,80€ était parfait, parfumé, oeuf baveux à souhait, nickel. Avec des petits morceaux de navets condimentés sur le côté. Le service est à la fois empressé et paresseux, un mix suffisamment étonnant pour ne pas s'énerver, une sorte de nonchalance sur le coup de feu. Quand on est arrivé à 13h40, il restait deux trois personnes, ils servaient toujours, mais c'est comme si le temps s'était arrêté.

Donc un endroit pas mal si vous êtes perdu, que vous étiez tout bonnement dans le coin sans une idée pour déjeuner.
Spéciale cacedédi à Z pour la trouvaille.

Toritcho
75014 Paris
01 43 21 29 97
Ouvert du lundi au samedi

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