Un lundi après-midi, je devais trouver une côte de boeuf pour le soir même. Rien de très grave ou compliqué, me direz-vous. C'est bien ce que je croyais aussi. Mais voilà que je commence à blêmir quand je me rends compte que mon cher Hugo Desnoyer est fermé. Bah oui on est lundi. Je garde mon sang froid. Qui vais-je appeler ? J'en viens même à téléphoner à la boucherie d'Yves Marie Le Bourdonnec à Asnières (en priant intérieurement pour qu'ils soient fermés et que je ne doive pas me taper 2 heures de transport - même si festin assuré), ils me répondent, ils n'ouvriront que mardi matin. Zut zut zut comme dirait ma mère. J'appelle ma mère du coup. Elle me dit de taper "boucherie ouverte le lundi" dans Google. Genre. Je n'y avais pas pensé "MERCI MAMAN". Je me fight avec ma mère au téléphone. Mon père se marre. Bon. M----. J'ai un double appel sur mon téléphone. Je le prends. "Bonjour, c'est la boucherie Bajon, vous avez essayé de me joindre ?". Normalement, à cet instant, vous entendez les cloches de l'angelus sonner, la Mer Rouge s'ouvre devant vous, y a du caviar au franprix. "Oui, oui je vous ai appelé, vous êtes ouvert ?". Et lui de répondre "Ah non on est lundi". Là, je sors mon plus beau discours de drama queen (surtout que pour rien ne vous cacher, la boucherie Bajon c'est quand même une référence). Et là, on est avec Saint Pierre aux Portes du Paradis pour ceux qui suivent "de quoi avez vous besoin ? ...une côte de boeuf, je vous en mets une de côté, vous venez la chercher, je dois travailler toute l'après-midi à la boutique". Je vous passe la gentillesse extraordinaire de Monsieur Bajon à m'expliquer le chemin, à me dire qu'il m'en garde une magnifique d'1,5 kilo (normal pour deux personnes). Je vais pleurer. Je préfère prendre direct le métro. Paf, j'arrive. Cet homme c'est quelque chose. Il m'avait même mis des rubans pour faire joli. La côte de boeuf était sublime, je me suis même dit que c'était la meilleure que j'aie jamais mangé de ma vie. A la fois tendre, charnue, de la poigne, quelque chose de grand (j'avais fait comme il a dit, 3 minutes de chaque côté à l'huile d'olive, puis 20 minutes au four ; détail qui a son importance : ne jamais remettre votre viandre au frigidaire si vous la mangez le soir même). Et surtout, le point le plus important, c'est de voir à quel point ce boucher est passionné : déjà qu'il m'ait ouvert un lundi, c'est à applaudir, et de deux, quand il parle d'une côte de boeuf, on est transporté. Ce n'est pas donné à tout le monde. BIG UP.
Voilà, ceci est un post d'amour à Monsieur Bajon qui est désormais mon boucher. LOVE.
PS : désolée pour la photo floue, c'est l'émotion.
Boucherie Bajon
75006 Paris
01 42 22 58 41
Ouvert du mardi au samedi de 8h-13h et de 15h30 à 19h30, le jeudi de 8h à 13h, le dimanche de 8h à 12h30


2 commentaires:
Bon ben c'est malin, j'ai envie d'une côte de bœuf, moi ! ;-)
C'est le but !!!
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